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« Vise le centre », ou l’échec logique d’un management vide de sens

Imaginez un tireur à l’arc. En face de lui, une cible. L’objectif est clair : sa flèche doit se rapprocher le plus possible du centre, et si possible, l’atteindre.

Maintenant placez-le en situation de compétition d’équipe en plein air. Et imaginez que vous ne lui donniez qu’une information : « vise le centre ».

Il faudra que votre tireur soit véritablement excellent et que, conjointement, le contexte soit favorable, pour qu’il atteigne son but, votre objectif : le centre de la cible.

Un tireur à l’esprit bien formé, ou ayant un brin d’expérience, cherchera à connaître à d’autres paramètres, à minima : Y’a-t-il du vent et dans quel sens tourne-t-il ? Mon équipement est-il en bon état ? Comment sont les autres compétiteurs, leur stratégie et leurs résultats passés sont-ils connus ? Qui sont les autres membres de mon équipe ? Comment fonctionnent-ils et quels sont leurs objectifs à eux ?

Avec ce premier niveau d’information, votre équipe a déjà plus de chances de succès.

Je ne m’arrête pas là. Toute équipe sportive aujourd’hui a un coach.
Que fait un coach ? Il entraîne son équipe pour la faire monter en compétence, individuellement et collectivement. Il a une vision : l’emmener à telle ou telle étape du championnat. Il établit une stratégie pour y parvenir. Il insuffle à son équipe, au délà du contexte de la compétition du jour, une vision plus large qui la transcende.

Plus qu’une information, le coach donne à son équipe une direction, un sens qui augmente encore ses chances de succès.

Ce deuxième niveau dépasse la simple information, il implique un échange. Autrement dit une communication réciproque : une interaction. Dans cette interactivité réside le sens.

Une équipe sportive sans coach peut avoir de bon résultats, jusqu’à un certain stade seulement.
Et il ne viendrait pas à l’idée du coach de lâcher ses archers dans une compétition avec un simple « vise le centre » pour directive. Les archers n’ont pas besoin d’un coach pour comprendre ça.

Ce serait un peu comme si on disait à quelqu’un « poste un statut par jour sur Facebook », « place 5 fois le mot voiture dans le texte », « sélectionne 4 blogueuses influentes », « conçois un site fonctionnel », « définis une ligne éditoriale fun », « il faut que ça buzze ». Point.

Aberrant n’est-ce pas ?

On pourrait penser que les entreprises qui intègrent le social media dans leur stratégie de communication externe ont compris cela. Pourtant, que vous soyez prestataire ou salarié, à quand remonte la dernière fois que votre donneur d’ordre vous a briefé quant à ces niveaux 1 et de 2 d’information ?

Je pourrais poser la question autrement : combien d’entre vous se sentent mal managés faute d’objectifs mis en perspective ?

Il ne peut y avoir de management vide de sens. Le management est sémantique, ou il n’est pas.






NDLA : Ce billet a été posté en premier lieu sur le portail collaboratif Girlz in Web

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